11-09-2009
La pauvreté de l'Afrique n'est pas le fruit du hasard. En effet, ce continent a souffert de plusieurs épreuves qui lui ont valu un retard remarquable.
Après les siècles d'esclavage, les Européens voulurent coloniser l'Afrique pour recaser leur surplus de population (le «boom démographique» étant causé par la Révolution industrielle avec ses découvertes scientifiques...), écouler leurs marchandises et exploiter les ressources naturelles. Cependant, que leur faudrait-il inventer pour justifier leur projet d'aigrefin ? Pour ceci, les scientifiques notamment le philosophe allemand Friedrich Hegel soutenait que «l'Afrique est un continent anhistorique». «Jusqu'à Livingston, on ne peut parler d'une histoire de l'Afrique. Ces peuples, depuis des temps immémoriaux, restaient stagnantes sans avancer ni reculer» disait le journaliste français Pierre Gazotte. Toutes ces affirmations laissent entendre que l'Afrique est un continent où la civilisation est inexistante. Pour ainsi dire, ils ont trouvé les excuses exactes pour réaliser leur projet. Leur soi-disant raison de leur occupation sur ce continent était de civiliser ses «sauvages» et les évangéliser pour qu'ils puissent «espérer» le Paradis.
Dans les années 50 à 60, à la fin de l'époque coloniale, de nombreux Africains formés à l'école européenne ont commencé à écrire et à réécrire l'histoire de l'Afrique. Il fallait non seulement combler les espaces blancs mais aussi rectifier les erreurs et falsifications. Parmi les plus illustres, notons les Sénégalais Cheikh Anta Diop, Ibrahima Baba Kake, Djibril Tamsir Niane, Moussa Lam, le nationaliste burkinabé Joseph Kizerbo, le Congolais Théophile Obenga, etc.
«L'Afrique a joué un rôle important à l'aube des temps humains... Elle a occupé les devants de la scène du progrès durant les premiers 15 000 siècles du passé de l'Humanité... Les trouvailles faites jusqu'ici classent l'Afrique (...) comme le principal foyer d'hominisation...» telles sont les affirmations de Joseph Kizerbo, justifiant ainsi que ce continent est le berceau de l'Humanité. Cependant, ceci ne suffisait pas pour montrer que l'Afrique est aussi le berceau des civilisations. C'est Cheikh Anta Diop, scientifique sénégalais mondialement reconnu, qui fera les découvertes tant scientifiques que linguistiques. Selon lui, l'Egypte n'était pas d'Orient mais bien d'Afrique et peuplée par des noirs. L'Egypte est la plus ancienne civilisation du monde durant au moins 4 500 ans. Les analyses faites sur la peau d'une momie montrèrent par la suite la présence d'un taux de mélanine très élevé pour un leucoderme et suffisant pour un xandoderme.
En ce qui concerne la linguistique, les ressemblances entre la langue de l'ancienne Egypte et le Wolof (entre autres langues africaines) sont frappantes. En effet, selon lui, le changement de milieu de vie de ces noirs d'Egypte a métamorphosé quelques prononciations de certains mots. C'est au Colloque du Caire en 1974 qu'un égyptologue européen affirme, après les démonstrations de Cheikh Anta Diop et de Obenga, que «l'Egyptien est une langue stable durant au moins 4 500 ans. L'Egypte étant placée aux points de convergence extérieurs, il est normal que les emprunts aient été faits à des langues étrangères. Mais il s'agit de quelques centaines de racines sémitiques par rapport à plusieurs milliers de mots. L'Egyptien ne peut être isolé de son contexte africain et le sémitique ne rend pas compte de sa naissance. Il est donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique noire».
Donc, on peut dire qu'après moult falsifications de l'histoire de l'Humanité, les Européens ont accepté l'évidence que l'Afrique est le berceau des Civilisations. En effet, l'Afrique a souffert pendant des siècles avant qu'on ne découvre la vérité sur l'origine africaine de l'Homme. Bien que ce continent soit indépendant de par ses institutions, il n'en est pas autant de par sa gérance. Une nouvelle forme de colonisation refait surface. En fait, il est démontré que les pays qui louent ou qui vendent des terres à des sociétés occidentales sont à 90% africains (Sénégal, Guinée Conakry, Soudan,...). Ces dits pays ont plus de 5 à 20% de leur population qui souffrent de la sous-alimentation. Ces Etats ont une dépendance extrême pour les institutions occidentales (Fmi, Pam, ...).
En définitive, même si les Européens ont accepté la vérité (l'Afrique est le premier continent doté d'une écriture et instruit en sciences avec les Egyptiens. Ces connaissances seront transmises aux grecs...), ils continuent toujours de se servir et de surexploiter les ressources tant humaines que naturelles de ce continent pauvre. Sur ce, à quand l'indépendance de l'Afrique ?
Cheikh Ahmadou
Mbacké NDIAYE - Elève en Classe de Première S au lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye/
soprangalsen@hotmail.fr